Bulletin du PUR

PRÉSENTATION DU PUR

Cher lecteur, tu tiens entre tes mains le journal tant attendu. Il est l’œuvre du PUR. Sans doute, ce sigle t’est devenu familier depuis les élections législatives du 30 juillet 2017, au sortir desquelles, cette force politique est arrivée 4ème, à coté de grandes coalitions composées, pour certaines, de plus de deux cent (200) formations politiques. Tu as certainement appris que le PUR a été légalement constitué au Sénégal depuis le 03 février 1998. Tu t’es aussi certainement demandé pourquoi le PUR est parti seul aux législatives. La réponse est toute simple : le PUR, à l’image de sa signification, a adopté une démarche d’ « Unité » et de « Rassemblement ». Il a tendu la main à presque tout le monde, mais «tout le monde » mettait en avant son propre égo et voulait diriger, en lieu et place d’un leadership concerté et collectif. Le PUR a même arbitré entre deux « dirigeants » de formations politiques pour les aider à s’entendre sur le « lead », mais hélas, rien n’a pu être fait. Chacun a tenu   à être « tête de liste ». Heureusement, cela lui a évité de s’enliser dans une logique de partage, propre aux coalitions. Comme tu le sais bien, PUR, seul, a pu récolter trois (3) sièges de députés à l’Assemblée nationale, plus que toute autre formation politique prise à part. C’est d’ailleurs, pour cette raison que tu avais entendu son Coordonnateur national, Elhadji Issa SALL, avec la pertinence que tout le monde lui reconnait, réclamer le statut de premier parti politique au Sénégal. Tu sais, lui, il est un informaticien de formation avec de lourds bagages en Technologie et Electronique. Je te fais une confidence. Il adore les chiffres ! A la Conférence de presse qu’il a tenue juste après la proclamation des résultats, il a défendu cette position avec des arguments solides que tout esprit éclairé devrait assimilé, très facilement. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien, qu’il forme les jeunes sur l’architecture informatique et les codes logiques à l’Université du Sahel, qu’il a lui-même fondée. Or, ces deux domaines de la science constituent deux socles essentiels sur lesquels toute décision éclairée doit s’appuyer. Et tu sais parfaitement que faire de la politique, c’est aussi et parfois avoir la capacité de prendre des décisions rationnelles. Son background professionnel est très riche. Il fut cadre à la Sénélec où il a dirigé la section des télécoms, avant de s’envoler aux Etats Unis pour y décrocher son Doctorat, grâce à une bourse de l’Usaid. Il connait bien le Système des Nations Unies pour y avoir travaillé pendant de longues années, tout comme il a roulé sa bosse dans le secteur privé dont il connait les secrets pour son décollage. D’ailleurs, il s’envole constamment dans les airs car il est aussi pilote. Et si je te disais qu’il a traité toutes les élections au Sénégal de 1993 à 2012, y compris toutes les présidentielles, les locales, les sénatoriales et les législatives ? Tu te demandes certainement le sens de « traiter », ici. C’est justement lui qui rassemble tous les procès verbaux de tous les bureaux de vote, les entrer dans son ordinateur, faire le travail de vérification et de tri nécessaire, avec des algorithmes qu’il maitrise comme dans sa poche. C’est sur son écran d’ordinateur que les premiers résultats de toutes ces élections sont apparus pour la première fois avant qu’il ne les communique au Conseil constitutionnel, chargé de les proclamer officiellement. Ce travail, il l’a fait dans beaucoup d’autres pays africains. Donc, si je te dis qu’il connait bien les élections ! D’ailleurs, il a été très surpris par les techniques que le régime actuel a mises en place lors des élections législatives passées pour parvenir à ces fameux résultats que tu connais. Parce que lui, il avait toujours pensé qu’au Sénégal, on ne pouvait pas frauder une élection. Mais cette expérience lui a encore ouvert les yeux ! Et j’espère que toi aussi tu seras plus vigilant en 2019. Sans doute, ignorais-tu que celui qui coordonne les activités du PUR depuis 2000, est membre de plusieurs sociétés savantes et qu’il fait de la bonne gouvernance et de l’éthique deux principes fondamentaux qui guident ses actions politiques. Le Sénégal peut compter sur une valeur sûre. Et d’autres personnes comme lui, le PUR en regorge. Ce parti est une école au sens vrai du terme.

Aussi, en toute logique, tu t’es posé comme des milliers de Sénégalais, cette question qui revient toujours : « Mais pourquoi le PUR n’avait jamais participé à une élection depuis sa création » ? La réponse est tout aussi simple : la prétention à prendre part à un élan de transformation d’une société, nécessite l’apprentissage et la maturation afin d’offrir une alternative capable de rassembler toutes les énergies nécessaires à la réalisation d’une utopie sociale et à la concrétisation des futurs possibles. Pur a compris aujourd’hui, après une phase de maturation de longues années, que ce travail sera une œuvre collective, portée par des sénégalais de valeurs qui ne sont mus que par l’intérêt supérieur de la Nation. Et rien d’autre. Et pour cela, le PUR s’est levé, avec tous les sénégalais, et a commencé sa marche majestueuse vers cet idéal social pour ouvrir les clos d’un bel avenir reconfiguré.

Tu as vu les conséquences d’une précipitation dans les choix et dans l’engagement ? Cela n’aboutit qu’à ce que nous vivons aujourd’hui au Sénégal : des dirigeants sans ambitions, sans vision, répétant les mêmes erreurs du passé, et ne pensant qu’à eux-mêmes et à leur clan.

J’espère qu’en 2019, le peuple saura choisir la bonne alternative. Tu fais certainement parti des milliers de Sénégalais que le PUR a séduit lors des législatives passées par sa force d’organisation, de mobilisation et surtout par sa discipline et son discours responsable. Le moins que l’on puisse te rassurer, c’est que 2019 sera encore meilleur.

En attendant, apprécie le travail que le peuple a pu confier aux trois (3) députés du PUR et n’oublie surtout pas de continuer à les soutenir, par tes propositions, avis et conseils. Ils sont à l’écoute de tous et leur seule ambition à l’hémicycle c’est de plaider pour qu’enfin advienne le Sénégal que nous méritons, le Sénégal de nos rêves à nous tous.

Bonne lecture.

VISION POLITIQUE DU PUR

Le Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR) inaugure une ère nouvelle dans les pratiques politiques. Il se fonde essentiellement sur la confiance et la capacité du peuple sénégalais à prendre en charge sa propre destinée, dans un élan de solidarité nationale et de justice sociale. Le Parti s’inscrit dans une perspective d’unité autour d’un idéal et de rassemblement de toutes les forces vives de la nation.

Son action est orientée vers la défense de l’intérêt supérieur de la nation sénégalaise, se nourrissant de la compréhension claire de sa trajectoire historique et de l’imaginaire africain au contact permanent de l’ailleurs universel, pour un idéal de progrès et du mouvement constant.

Elle est portée par des sénégalais patriotes, doués de talents, imbibés des valeurs fondamentales de notre pays, au service exclusif de leur  peuple et prêts à consentir tous les sacrifices nécessaires, au nom du principe de l’accomplissement du Sénégal des possibles. Ainsi, l’identifiant symbolique du porteur de ce projet de société se résume en un « Militant Engagé pour sa Nation » (M.E.N).

S’appuyant sur la multiplicité identitaire, source de fécondité créatrice, le Militant Engagé pour sa Nation (MEN) adhère à l’idéal démocratique, avec un esprit résolument orienté vers sa perfection constante.

MANIFESTE POUR UN NOUVEAU CONTRAT POLITIQUE

Les Sénégalais sont de plus en plus conscients de l’importance du changement positif de la pratique politique au sein de notre société. En même temps, ils donnent l’impression, qui finit par devenir une réalité, d’en avoir assez des politiciens. Cela est la résultante d’incohérences et de « fautes » politiques majeures dont les responsabilités sont à situer à différents niveaux.

En effet les promesses et projets électoraux jamais tenus de part et d’autres, les alliances et contre-alliances nouées (et) ou rompues au gré des humeurs, les divergences crypto-personnelles, la « désacralisation » de la Constitution martyrisée par des changements souvent non conformes avec l’esprit d’un nouveau Etat de droit, les motivations essentiellement électoralistes des uns et des autres… sont des plaidoyers redoutables qui remettent en cause la crédibilité et la respectabilité politiques et démocratiques au Sénégal.

Face à ce scénario, un nouvel esprit de la pratique politique s’impose. Esprit qui devrait générer en substance les éléments et les principes d’un nouveau contrat politique entre les Sénégalais et ceux qui leur proposent et leur demandent de présider à leur destinée. Ce nouveau contrat politique devrait avoir comme ferment une volonté de conscientisation et d’incitation permanentes des citoyens sénégalais à une participation plus responsable dans les enjeux politiques et sociaux majeurs susceptibles d’influencer le cours de leur destin. Qu’ils ne soient pas de simples « spectateurs » dont on se sert pour satisfaire des ambitions électoralistes et politiciennes.

Ce contrat devrait également être porteur et fécondateur d’un projet de société dont les préoccupations engloberaient, à priori, les revendications et les soucis constants et quotidiens des Sénégalais fatigués depuis des décennies de supercheries et de comédies politiciennes.

Il s’agirait alors de favoriser une meilleure insertion des Sénégalais et surtout, des jeunes sénégalais dans la vie économique et sociale de leur pays par une démocratisation de la formation, mais une formation en parfaite adéquation avec les exigences d’un développement harmonieux et durable, et surtout par une valorisation des ressources humaines.

Ce pari ne pourra être réussi que grâce à la promotion et à la multiplication de pôles de développement régionaux et par une meilleure allocation des ressources.

Ce contrat devrait s’inscrire dans une dynamique unitaire; c’est-à- dire arriver à persuader, convaincre et regrouper le plus grand nombre de Sénégalais – surtout les jeunes – sur le principe de l’utilité, voire la nécessité d’adhérer à ce projet commun où tous se sentiraient responsables et conscients que leur avenir se bâtira avec et par eux-mêmes. Cela impliquerait la liberté et le respect mutuel des idées, des convictions, des cultes et l’attachement au renforcement des éléments stabilisateurs et fécondants de notre patrimoine national commun afin d’échapper à l’uniformisation culturelle qui risque de nous propulser dans les incertitudes de la globalisation en cours.

Ce contrat se voudra d’un projet rassembleur en s’associant à toutes les initiatives et actions politiques susceptibles de contribuer à l’essor d’un espoir durable où la sécurité et le développement économique, social, intellectuel, moral et physique, seraient garantis à tous.

Il devrait enfin aider à définir et à enrichir les principes d’un projet fédérateur et les cadres de concentration entre les forces de progrès de la sous-région et du Continent pour une meilleure intégration africaine.

En définitive, la politique ne devrait pas être uniquement une question d’opinion; elle est plutôt une question de maturité et par maturité on entend le sérieux et la compétence. Elle ne devrait pas être non plus que l’affaire des hommes au pouvoir; car si tel est le cas adieu l’espoir des nations.

DÉCLARATION DES PRINCIPES IDÉOLOGIQUES DU PARTI DE L’UNITÉ ET DU RASSEMBLEMENT (PUR)

Tant qu’il y’aura de la politique, il y’aura idéologie. Il est donc absolument absurde de théoriser la « fin ou la mort des idéologies ».  L’idéologie est fondamentale pour quelqu’un qui veut suivre une ligne politique cohérente. En vérité,  « le terme idéologie dans son acception propre de vision globale du monde et de son avenir »[1]  doit conditionner l’action de tout militant dans l’espace public. Sous ce rapport, les politistes considèrent que l’idéologie est l’énergie nécessaire dont l’activité politique a besoin pour fonctionner. Tel du carburant pour la voiture, la politique utilise et s’alimente d’idéologie pour se mouvoir, pour bouger bref pour  s’épanouir. L’idéologie repose à son tour sur un élément catalyseur capable de mobiliser tout homme réceptif au message élaboré autour de celui-ci. C’est ainsi, par exemple, que le libéralisme s’appuie sur la notion de « liberté » pour mener son action politique. Seulement, pour celui qui prend la peine d’observer la pratique politique sous nos cieux, il est naturellement sidéré de constater  que les acteurs politiques donnent l’impression de n’avoir plus d’idéal. Il y a, en réalité, selon le professeur Babacar GUEYE une « crise de l’engagement politique ».  Certes, les idéologies occidentales les plus en vue, à savoir le Libéralisme, le Socialisme et le Communisme sont aujourd’hui plombés, mais, il n’en demeure moins que le monde reste assoiffé par une quête de sens.  En effet,  une enquête réalisée par Cevipot sur le Baromètre de la confiance politique entre 2015 et 2016,  a révélé les statistiques suivantes : « 73% des français pensent que les notions de droite et de gauche ne veulent plus rien dire aujourd’hui, avec une progression de 10 points par rapport à 2011. 65% disent n’avoir confiance ni dans la droite, ni dans la gauche pour gouverner le pays. 87% des français ne font pas ou ne font pas trop confiance aux partis politiques. 1,5% des français sont adhérents d’un parti politique. C’est le plus faible chiffre en Europe »[2].  Cette situation n’est pas très loin de la nôtre si celle-ci même n’est pas pire ! En revanche, cette enquête révèle, par la même occasion, une exigence de rétablir la confiance entre acteurs politiques et électeurs ; de redonner espoir au peuple par une nouvelle offre politique alternative adossée sur une vision prospective attrayante. Autrement dit, il y a nécessité de repenser la politique pour qu’elle soit ce qu’elle n’aurait dû jamais cesser d’être, c’est-à-dire, une activité noble puisque dédiée exclusivement à la prise en charge de l’intérêt général.

A la lumière de cette conception originelle de la politique, le Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR) inaugure une nouvelle ère idéologique. Celle sous-tendue par le besoin d’être soi-même, c’est-à-dire, être sénégalais, patriote, au service exclusif de son peuple, donc  prêt à consentir tous les sacrifices pour la nation sénégalaise et d’avoir comme principe de vie, en tout temps et en tout lieu, « le Sénégal d’abord » . Cette idéologie politique c’est l’Enracinité !

Ce faisant, puisque  « la religion a, dans une large mesure, joué au Sénégal les fonctions que le nationalisme a eues par ailleurs en Afrique »[3], le PUR revendique tout l’héritage politique des sages de l’Islam au Sénégal et particulièrement celui émanant de la République islamique de l’ALMIYAT au Fouta Toro. En effet,  « à la fin du XVIIIe siècle, un soulèvement généralisé dirigé par le marabout Souleymane BAL, renverse le dernier représentant de la dynastie Denyanké, et en 1776, l’Almamy Abdoul Kader inaugure une nouvelle période historique connue sous le nom d’Almamyat. L’Almamyat devait durer jusqu’à l’occupation française, environ cent quatorze ans plus tard. […..] Le Fouta au XIXe siècle était un Etat théocratique dirigé par l’Almamy qui était élu par les représentants des familles les plus puissantes du pays. L’Almamy du Fouta réunissait entre ses mains les pouvoirs civils, religieux et militaires »[4]. Il s’agit moins de reproduire l’Etat théocratique que de s’approprier les principes sur lesquels il était assis.  Ces principes sont les suivants :

  • Détrônez tout Imâm dont vous voyez la fortune s’accroître et confisquez l’ensemble de ses biens ; combattez le et expulsez le s’il s’entête ;
  • Veillez bien à ce que l’Imâmat ne soit pas transformé en une royauté héréditaire où seuls les fils succèdent à leurs pères ;
  • L’Imâm peut être choisi dans n’importe quelle caste ;
  • Choisissez toujours un homme savant et travailleur ;
  • Fondez-vous toujours sur le critère de l’aptitude
  • L’impôt, le produit des amendes et tous les revenus de l’Etat doivent être utilisés pour des actions d’intérêt général

Conformément à ces directives,  les militants du PUR utilisent comme identifiant symbolique le nom suivant construit sous forme d’acronyme : il s’agit de Militant Engagé pour sa Nation (M.E.N).

Par ailleurs, l’idéologie de l’Enracinité exclut le repli identitaire source d’incompréhensions et de tensions pouvant être fatales à l’humanité. D’ailleurs, dans un monde mondialisé, vouloir vivre en autarcie relève de l’impossible. Ainsi, le PUR adhère à la philosophie politique de la Démocratie inscrite dans la charte fondamentale du Sénégal. Celle-ci exige l’onction du peuple pour légitimer l’acquisition, l’exercice et la transmission de tout pouvoir politique. Elle exige également des dirigeants politiques de gouverner le peuple conformément à ses véritables aspirations car la souveraineté lui appartient. De ce fait, en rapport avec l’histoire et les réalités sociales de notre pays, le PUR estime que la laïcité inscrite dans la constitution sénégalaise est en décalage avec les idéaux du peuple. En réalité, la laïcité ne garantit pas les conditions d’un traitement équitable entre les communautés religieuses du pays. Elle est aux antipodes des exigences démocratiques. Un sage du pays disait d’ailleurs : « que le péché de la laïcité réside dans sa position de neutralité ». La démocratie suppose que le pays soit gouverné selon les orientations, les convictions, les choix, les besoins du plus grand nombre sans pour autant que les droits des minorités soient bafoués. C’est parce que notre école est laïque que plusieurs sénégalais refusent de subir le diktat du système éducatif français et développent parallèlement l’éducation traditionnelle des Daaras ou l’enseignement franco-arabe. Le risque étant d’avoir l’éternelle querelle entre arabisants et francisants et pire la présence de deux types de sénégalais avec tout ce que cela peut comporter comme conséquences dans un monde en panne de repères. Notre pays doit assumer son histoire surtout au plan éducatif. Ceci devrait se traduire par l’intégration complète et effective de  l’éducation et de l’enseignement des sages de l’Islam sénégalais dans nos curricula en vue de former un homo senegalensis imbu de ses valeurs parce que enracinés.

Dans le même ordre d’idées, le PUR considère que le Sénégal n’est pas socialiste. En  conséquence, on devrait envisager d’enlever dans notre constitution les qualificatifs socialiste et laïc enjoints à république démocratique. Pourquoi socialiste ? Parce que tout simplement le premier régime qui a dirigé le Sénégal est le PS ! Çà c’est partisan. Certainement,  le Président Wade ne s’en est pas rendu compte mais, il aurait pu mettre libéral à la place de socialiste et personne ne trouvait à redire. D’ailleurs, un autre président d’une autre idéologie pourrait demain être tenté de le faire s’il découvre la réalité qui se cache derrière le concept socialiste constitutionnalisé.

En définitive, l’Enracinité se veut une idéologie centrée sur les valeurs pures sénégalaises. Celles issues du système traditionnel (par exemple : le Jom, le Fula, le Fayda, le Kersa, le sutura, le mûn…etc.) ; du système islamique ( par exemple : la foi, la famille, l’autorité en matière de religion, l’éducation religieuse, la coexistence pacifique…etc.) et du système occidental ( par exemple : le goût de la recherche, le respect de l’heure, la solidarité structurelle, la planification, le respect de la vie humaine l’organisation et la méthode…etc.).

[1] BOISARD Marcel A, L’humanisme de l’Islam, Albin Michel, Paris, 1979, pp. 138-139

[2] Revue Sciences Humaines, Les grandes idées politiques : Etat des lieux, Hors-série No 21, Mai-Juin 2016, p.17

[3] MARKOVITZ cité MAGASSOUBA Moriba,  l’Islam au Sénégal, Demain les mollahs ? Editions Karthala, Paris, 1985, p. 166

[4] LY Boubakar, La morale de l’honneur dans les sociétés wolof et halpulaar traditionnelles : une approche des valeurs et de la personnalité culturelles sénégalaises, Tome 1, L’Harmattan, Paris, 2015, p. 81

Le PUR milite pour une réduction des inégalités sociales accrues

Quand les disparités atteignent une proportion importante, il devient nécessaire de réduire ces écarts. Les politiques sociales doivent avoir une fonction de rattrapage pour un meilleur partage des fruits de la croissance. La société sénégalaise, aujourd’hui  est le résultat d’un processus d’inégalités sociales accrues. Il faut de vraies politiques de justice sociale et faire fi de la démarche gouvernementale qui est semblable à celle du malvoyant qui, ayant perdu ses clefs dans une ruelle obscure, s’obstine à les chercher sous le lampadaire en prétextant que c’est le seul endroit éclairé.

CONSTAT :

  1. Des écarts sociaux de plus en plus grands (les riches deviennent de plus en plus riches et la mendicité continue toujours) et pas de mécanisme régulateurs pour réduire les écarts sociaux
  2. Les conséquences des écarts sociaux sont : la légitimation de la violence, de la corruption, du népotisme, de l’immigration clandestine (désert, mer), etc.
  3. Ceux qui sont dans l’informel ne sont pas intégrés dans le système de la sécurité sociale
  4. Des bourses familiales très mal réparties

Les inégalités sociales accrues favorisent la pratique de la corruption par les fonctionnaires. C’est ce que Gupta (1981) considérait en estimant qu’il n’est de lutte efficace contre la pauvreté sans réforme du système politique.

Le chômage est devenu de plus en plus important et touche une bonne partie des citadins. Des politiques gouvernementales mal adaptées continuent toujours d’entraîner l’exode de nombreux petits producteurs. Ces migrants fuient la misère villageoise. Les migrations vers la capitale sont considérées comme des stratégies de survie. Les paysans, marginalisés dans leur propre milieu[1] tentent de sortir de cette situation en migrant vers la ville qui, à son tour, les rejette du monde de la production et de la consommation. Le mouvement des populations en direction de la ville dépasse largement sa capacité d’accueil et oblige une partie de la population à se doter d’un sous équipement général. Ne pouvant retourner dans les campagnes, ces populations vont constituer un « paysannat urbain ».

Dakar compte à elle seule « plus de 50 % des pauvres urbains » (ARDIS, 1996). L’exode rural est donc dû en grande partie à la dégradation du niveau de vie dans les campagnes. Aujourd’hui le poids économique de Dakar est considérable, elle regroupe 55 % de la population active urbaine, 63 % des salariés du secteur moderne, 89 % de la main d’œuvre industrielle et 94 % des fonctionnaires du tertiaire) sans oublier les 97 % des salariés du commerce et du transport et 96 % des employés de banque. A Dakar, sont concentrées presque toutes les industries. Cette localisation contribue à développer le déséquilibre régional. La capitale attire les investissements en infrastructures et par conséquent accélère le phénomène de l’exode rural. Dakar est la porte d’entrée et la voie d’insertion urbaine des migrants qui la choisissent toujours comme première ville du fait des énormes possibilités qu’elle offre.

Le phénomène urbain est devenu une réalité incontournable dans l’organisation de l’espace africain. La dynamique démographique et la mobilité sociale ont impulsé une croissance urbaine. Cette croissance de la population est d’environ 2,8 % par an. Ainsi la croissance économique de 2017 est absorbée par la croissance démographique

Inégalités de revenus et fragmentation de l’espace social

L’inégal partage des richesses entre personnes, familles et groupes sociaux reste au cœur des relations spatiales.

La ville amplifie la croissance, mais au-delà d’un certain seuil d’encombrement, la ville exclut. Pour définir ce vocable de façon autonome, il est nécessaire de préciser l’espace de référence qui provoque le rejet. Ainsi dans une société où le modèle dominant demeure « l’homo-economicus« , il convient de participer à l’échange matériel. Tous ceux qui sont incapables de participer à ce marché, sont perçus comme exclus, sauf s’ils disposent d’un réseau de capital social. Les populations urbaines sont confrontées à une paupérisation progressive, en terme de satisfaction des besoins de base.

La loi sur le domaine national attribue les terres à ceux qui ont la capacité de les mettre en œuvre. Ce qui entraîne la marginalisation des petits producteurs.

Ce qui se découvre, en réalité, ce sont des sociétés dans la société. Aujourd’hui la misère urbaine est scandaleuse, non seulement elle pourrait être évitée, mais elle côtoie la richesse et l’abondance. Faut-il une acceptation (+) ou un refus (-) de la pauvreté ? Cela va du conformisme à la rébellion : conformisme (+, +), innovation (+, -), ritualisme (-, +), évasion (-, -), rébellion (+ -, + -).

La réduction des inégalités sociales : une nécessité

La pauvreté divise partout les populations en pauvres et en nantis, mais quand les disparités atteignent une  proportion importante, il devient nécessaire de réduire ces écarts. Les politiques sociales doivent avoir une fonction de rattrapage pour un meilleur partage des fruits de la croissance. La société duale est le résultat d’un processus d’inégalités sociales accrues. De plus, les inégalités accrues présentent des effets négatifs sur l’espace social à savoir les conséquences de la précarisation des conditions de vie.

Quand les conditions de vie sont très dures, quand la compétition pour la satisfaction des besoins minima est très rude, il devient très difficile de gérer la pauvreté et la faim si des politiques sociales ne sont pas mises en œuvre. Lutter contre les inégalités sociales à l’intérieur de la structure sociale est la question de la démocratie sociale. Car la pauvreté et l’exclusion sociale sont, tout d’abord, des phénomènes sociaux.

PROPOSITIONS DU PUR :

  1. Revalorisation de la pension de retraite par une révision du système
  2. Revalorisation du SMIG
  1. Réduction du train de vie de l’Etat
  2. Pratique de l’imposition à sa juste valeur
  3. Passer des bourses familiales à un mécanisme de subvention des denrées de première nécessité
  4. Renforcer et dupliquer l’agriculture familiale et rendre l’agriculture attractive par l’organisation des producteurs en coopératives agricoles

L’ambition est de réduire la pauvreté d’ici 2019 par une croissance économique de 7 à 8 pour cent par an ne pourra s’établir si les inégalités sociales persistent. L’espace social de la pauvreté attribue des rôles différenciés pour les personnes occupant les différentes positions sociales. Le système social met en jeu deux processus contradictoires à savoir la socialisation et la différenciation dont l’ensemble constitue la dialectique caractéristique de ce système. Il incombe à l’Etat d’assurer la régulation sociale par des mécanismes appropriés de redistribution des richesses. L’atténuation de la pauvreté grâce à une redistribution des richesses, par voie fiscale (transfert de revenus) ou par subvention des produits de première nécessité, est une condition sine qua non de gestion de la pauvreté. La correction des inégalités sociales est une nécessité éthique. Cette problématique doit être une priorité des priorités, c’est une urgence.

Aujourd’hui un développement durable ne peut se faire sans la réforme de la structure sociale. Dans un langage plus populaire nous disons « qu’on ne peut pas faire de pansement sur des jambes de bois ».

La croissance ne sert à rien si elle n’est pas équitablement partagée. Le parti PUR propose d’établir, au Sénégal, un nouveau contrat social à l’échelle nationale pour atténuer les disparités croissantes entre les populations

[1]Les politiques d’organisation du monde rural, en visant à se substituer aux paysanneries, se sont soldés pour la plupart par des échecs.

« Dialogue politisé » entre un père et son fils

Le Fils : Papa, c’est quoi la politique?

Le Père : Euh ?… La Politique ?

Le Fils : Oui ! On montre souvent à la télé des gens qui sont autour de la table et discutent beaucoup, parfois sans même s’écouter. Et quand j’ai demandé à un de mes amis à l’école, il m’a dit que ce sont tous des po-ti-li-ciens et qu’ils font de la « Potilique ». Tu comprends ?

Le Père : Ah ok, fiston ! Je comprends bien ce que tu veux dire. Tu veux dire, « la po-li-tique » ?

Le Fils : Oui, c’est ça ! La po-li-ti-que ! C’est quoi même ?

Le Père : Je peux te poser une question, avant de te répondre ?

Le Fils : Oui.

Le Père : Qui vois-tu tous les jours?

Le Fils : Tous les jours,  je me réveille et je vois plusieurs personnes et plusieurs choses autour de moi.

Le père : Comme qui et comme quoi ?

Le Fils : Maman, toi, grand-père, grand-mère, les tantes, les cousins, les voisins, les camarades, les copains, les copines, les maîtres,  et tout le monde !

Le Père : Très bien ! Moi aussi, je vois des professeurs, des passants, des collègues de travail, des stars, des dirigeants, des ministres, le président et tous les autres ! Et à part ces personnes que vois-tu dans la rue ?

Le Fils : des maisons en ciment ou en baraque, des voitures, des écoles, des immeubles où c’est écrit « télévision », des supermarchés, des stations d’essence, des charrettes, des chevaux, des jakarta, des scooter, ou encore de grands « building » où c’est marqué « ministère de…. Bla bla bla»  et tout. Je vois aussi que tout le monde bouge, va et vient, part et revient, parfois avec des sacs remplis, parfois les mains vides. Je vois  d’autres comme moi aller à l’école. Certains prennent des «tata », minis ou grands, d’autres prennent des « rapides » ou « ndiaga ndiaye », d’autres marchent d’autres encore sont confortablement assis derrière un taxi ou une voiture particulière que conduit leur papa, leur maman ou quelqu’un d’autres que mes amis  appellent « chauffeur ». Je vois aussi passer des « clando » : ces vieilles voitures qui dégagent une grande fumée derrière. Je vois aussi passer de jolies voitures, parfois escortées par de jolies motos avec des sirènes qui demandent à tous les autres de céder le passage. Et d’autres personnes de ton âge, ou celui de maman, ou de grand-père et de grand-mère, se pointer sous les feu-rouges ou sur le trottoir pour demander de l’argent. A coté, je vois des arbres, des terrains « nus », des usines où l’on fabrique des choses, de grands bâtiments  où entrent et sortent beaucoup de personnes, sous la supervision de quelqu’un qui porte, pour la plus part des cas, un uniforme et qu’on appelle : le gardien.

Le Père : Mais super ! Tu prêtes attention à tout cela ?

Le Fils : Evidemment ! Je les vois tous les jours. Et l’image qui me frappe le plus et que je n’arrive jamais à supporter c’est quand je vois les « talibés » portant des haillons, se faufiler entre les véhicules pieds nus, pour demander à manger. J’ai toujours les larmes aux yeux quand j’en parle. Et seulement, si j’avais les moyens de les amener tous avec moi à l’école ! Je te l’ai toujours dit, non ?

Le père : Oui ! Tu as toujours partagé avec moi ta peine de voir ces talibés. C’est parce que tu as un esprit politisé, Fiston !

Le Fils : « Politisé » ? Comment ? Tu veux dire que quand je serai grand, je deviendrai comme ces gens qui ne s’écoutent pas autour de la table ? Un politicien ?

Le père : Non, mon fils. La politique n’est pas un métier. C’est juste une noblesse d’esprit. J’ai remarqué que tu prêtes attention à ce qui se passe autour de toi et tu me parles toujours des tes grandes ambitions et de tes « rêves » pour les talibés et pour ton pays.

Le Fils : C’est ça la politique ? Prêter attention à ce qui se passe autour de soi, avoir de grandes ambitions et des rêves pour son pays ?

Le Père : C’est aussi simple que cela.

Le Fils : Mais Papa, tout le monde est « politisé », alors. A l’école, presque tous mes amis sont comme moi. Certains, comme Youssoupha disent qu’il y a des gens qui volent l’argent qui appartient à tous et qu’ils vont les arrêter quand ils seront grands. Je me demande même comment de l’argent peut appartenir à tout le monde ! Mais buff, c’est ce qu’ils pensent ! D’autres comme Josephine voudront s’occuper des hôpitaux car il y a beaucoup de personnes qui meurent dans ces lieux. Le plus rigolo parmi nous, c’est Madiodio, il ne pense qu’à manger.  Pour lui, ce qui est important, c’est que tout le monde doit manger à sa faim. Et ce sera son combat. Quelle ambition !  Quant à ma petite sœur Aicha, bien que toujours scotchée  à son Smartphone, elle pense que le quartier est très sale et que les gens devaient cesser de jeter des ordures et de faire n’importe quoi dans la rue. Elle me promet de faire quelque chose avec ses autres amis, garçons comme filles pour que le quartier soit mieux vivable.

Le Père : Bravo ! Je suis fier de vous tous ! Et vous devez être fiers de vous-mêmes car vous pensez aux autres. Et vous avez raison ! Ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Le Fils : Ah oui ? Y a des gens qui ne pensent pas aux autres ?

Le Père : Oui, énormément. Ils y’en a qui ne pensent qu’à eux-mêmes et qui croient qu’ils peuvent « réussir » leur vie, sans se soucier de ce qui se passe autour d’eux. Ils ignorent que leur destin est étroitement lié à celui de tous les autres.

Le Fils : Papa, ce n’est pas possible qu’ils ignorent cette évidence. Ils savent pertinemment que, comme les manchots de la Banquise, il y a une alerte qui est annoncée et que tout le monde doit s’y mettre pour trouver une solution. Comment peuvent-ils rester aussi égoïstes en adoptant la pire des attitudes : l’indifférence ?

Le Père : Oui, tu as raison mon fils. L’indifférence est la pire des attitudes. Nous devons toujours être préoccupés par le sort collectif.

Le Fils : Oui. Notre sort est désormais collectif. Moi je suis politisé. Je m’engage à participer à ouvrir des « portes » jusque là jamais ouvertes, pour mon pays et pour tous les autres. Tu me comprends, Papa ?

Le Père : Oui, parfaitement, fiston ! D’autres l’ont essayé avant toi.

Le Fils : Ah! D’autres l’ont essayé avant moi ? Comme qui par exemple ?

Le Père : le Professeur Cheikh Anta Diop, l’avocat Nelson Mandela, le Général Charles De Gaulles et tant d’autres

Le Fils : Oh! Je les admirerai de toute ma vie.

Le Père : Ceux d’entre eux qui ont réussi, peut-être ?

Le Fils : Ils ont tous réussi car ils ont tous essayé !

Le Père : Bon courage, fiston !

Le Fils : Merci, papa !

Le Père : Opp ! J’allais oublier de te demander une question. Tu iras voter à la prochaine élection ?

Le Fils : Bien sûr, Papa ! J’irai m’inscrire pour avoir ma carte. Et je voterai comme tout le monde, car j’ai mon mot à dire.

Le Père : Ah oui ! Comme tout le monde !

 

Le PUR milite pour une politique de développement endogène et nationale          

CONSTAT :

Quand les politiques de développement recommandés par l’occident, conçus par les experts des institutions internationales (Plan Sénégal Émergent, Plan Gabonais Émergent, etc.), se soldent par un échec, ce sont les populations vulnérables qui en paient les conséquences.

Pendant longtemps, les pouvoirs publics et les spécialistes du développement ont considéré la vulnérabilité comme un phénomène marginal appelé à se résorber avec la croissance économique. Il ne suffit pas de corriger les facteurs économiques et prôner la bonne gouvernance (facteur politique) pour prétendre lutter contre la vulnérabilité. Loin de disparaître avec le PSE, les couches marginalisées s’amplifient en milieu urbain et urbain. Pour preuve les bourses familiales sont en cesse croissante. Le fait que nous soyons loin des objectifs du PSE montre  la nécessité de cibler les objectifs avec plus de précision. Un postulat de base non bien maîtrisé peut faire que toute politique ou effort retourne vers le statu quo. Les mauvaises questions empêchent d’aborder le mal par la racine et de se porter en priorité sur les nécessiteux voire sur ceux qui, vu leur sort, doivent concentrer tous leurs efforts dans les politiques de lutte contre la mendicité galopante.

Le PSE n’a pas tenu compte du fait que le développement n’est pas seulement matériel mais aussi social. Les traditions, coutumes et valeurs du passé peuvent constituer un obstacle, ou au contraire peuvent jouer un rôle important, dans la problématique de la vulnérabilité. Cette dernière ne se présente pas de façon uniforme car l’insuffisance de ressources connaît des formes et des perceptions diverses.

Tenir compte de ces facettes peut permettre aux décideurs politiques de raisonner, non pas seulement en terme statistique, mais par rapport aux enjeux sociaux.

Ainsi, avec la distance entre les méthodes utilisées et les comportements qui caractérisent les populations du Sénégal, il n’est pas étonnant de voir que jusqu’à maintenant l’insécurité alimentaire continue d’être au cœur de la réalité de ces populations qui ne cessent de connaître quotidiennement l’obsession de se procurer de la nourriture pour leur ménage.

Il est illégitime de penser que seuls les experts (qui négligent souvent la parole et la pensée des populations marginalisée) savent ce qu’il faut pour ces derniers. C’est là tout le problème de la technocratie. Pour Octave Mirbeau, les « nouveaux opiums du peuple » ont fait leur apparition avec l’arrivée au pouvoir de certains politiciens qui, à coup de promesses fallacieuses, entretiennent l’espoir des électeurs.

PROPOSITIONS DU PUR :

De nombreux projets de développement « ont échoué pour avoir cherché à imposer des programmes standard (conçus par des agents externes) dans des contextes locaux différents les uns par rapport aux autres » (Chambers, 1990). Nous disons avec Stiglitz (2002) que « la guerre technologique moderne est conçue pour supprimer tout contact physique : les bombes sont jetées de 15 000 mètres d’altitude pour que le pilote ne ressente pas ce qu’il fait. La gestion moderne de l’économie, c’est du pareil. Du haut d’un hôtel de luxe, on impose sans merci des politiques que l’on penserait à deux fois si l’on connaissait les êtres humains dont on va ravager la vie« .  Les solutions doivent être adaptées et adaptables à la structure sociale dans laquelle vivent les populations. C’est pourquoi tout projet, programme et stratégie doivent être conçus selon une approche endogène et nationale.

DÉCLARATION DES PRINCIPES IDÉOLOGIQUES DU PARTI DE L’UNITÉ ET DU RASSEMBLEMENT (PUR)

Tant qu’il y’aura de la politique, il y’aura idéologie. Il est donc absolument absurde de théoriser la « fin ou la mort des idéologies ».  L’idéologie est fondamentale pour quelqu’un qui veut suivre une ligne politique cohérente. En vérité,  « le terme idéologie dans son acception propre de vision globale du monde et de son avenir »[1]  doit conditionner l’action de tout militant dans l’espace public. Sous ce rapport, les politistes considèrent que l’idéologie est l’énergie nécessaire dont l’activité politique a besoin pour fonctionner. Tel du carburant pour la voiture, la politique utilise et s’alimente d’idéologie pour se mouvoir, pour bouger bref pour  s’épanouir. L’idéologie repose à son tour sur un élément catalyseur capable de mobiliser tout homme réceptif au message élaboré autour de celui-ci. C’est ainsi, par exemple, que le libéralisme s’appuie sur la notion de « liberté » pour mener son action politique. Seulement, pour celui qui prend la peine d’observer la pratique politique sous nos cieux, il est naturellement sidéré de constater  que les acteurs politiques donnent l’impression de n’avoir plus d’idéal. Il y a, en réalité, selon le professeur Babacar GUEYE une « crise de l’engagement politique ».  Certes, les idéologies occidentales les plus en vue, à savoir le Libéralisme, le Socialisme et le Communisme sont aujourd’hui plombés, mais, il n’en demeure moins que le monde reste assoiffé par une quête de sens.  En effet,  une enquête réalisée par Cevipot sur le Baromètre de la confiance politique entre 2015 et 2016,  a révélé les statistiques suivantes : « 73% des français pensent que les notions de droite et de gauche ne veulent plus rien dire aujourd’hui, avec une progression de 10 points par rapport à 2011. 65% disent n’avoir confiance ni dans la droite, ni dans la gauche pour gouverner le pays. 87% des français ne font pas ou ne font pas trop confiance aux partis politiques. 1,5% des français sont adhérents d’un parti politique. C’est le plus faible chiffre en Europe »[2].  Cette situation n’est pas très loin de la nôtre si celle-ci même n’est pas pire ! En revanche, cette enquête révèle, par la même occasion, une exigence de rétablir la confiance entre acteurs politiques et électeurs ; de redonner espoir au peuple par une nouvelle offre politique alternative adossée sur une vision prospective attrayante. Autrement dit, il y a nécessité de repenser la politique pour qu’elle soit ce qu’elle n’aurait dû jamais cesser d’être, c’est-à-dire, une activité noble puisque dédiée exclusivement à la prise en charge de l’intérêt général.

A la lumière de cette conception originelle de la politique, le Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR) inaugure une nouvelle ère idéologique. Celle sous-tendue par le besoin d’être soi-même, c’est-à-dire, être sénégalais, patriote, au service exclusif de son peuple, donc  prêt à consentir tous les sacrifices pour la nation sénégalaise et d’avoir comme principe de vie, en tout temps et en tout lieu, « le Sénégal d’abord » . Cette idéologie politique c’est l’Enracinité !

Ce faisant, puisque  « la religion a, dans une large mesure, joué au Sénégal les fonctions que le nationalisme a eues par ailleurs en Afrique »[3], le PUR revendique tout l’héritage politique des sages de l’Islam au Sénégal et particulièrement celui émanant de la République islamique de l’ALMIYAT au Fouta Toro. En effet,  « à la fin du XVIIIe siècle, un soulèvement généralisé dirigé par le marabout Souleymane BAL, renverse le dernier représentant de la dynastie Denyanké, et en 1776, l’Almamy Abdoul Kader inaugure une nouvelle période historique connue sous le nom d’Almamyat. L’Almamyat devait durer jusqu’à l’occupation française, environ cent quatorze ans plus tard. […..] Le Fouta au XIXe siècle était un Etat théocratique dirigé par l’Almamy qui était élu par les représentants des familles les plus puissantes du pays. L’Almamy du Fouta réunissait entre ses mains les pouvoirs civils, religieux et militaires »[4]. Il s’agit moins de reproduire l’Etat théocratique que de s’approprier les principes sur lesquels il était assis.  Ces principes sont les suivants :

  • Détrônez tout Imâm dont vous voyez la fortune s’accroître et confisquez l’ensemble de ses biens ; combattez le et expulsez le s’il s’entête ;
  • Veillez bien à ce que l’Imâmat ne soit pas transformé en une royauté héréditaire où seuls les fils succèdent à leurs pères ;
  • L’Imâm peut être choisi dans n’importe quelle caste ;
  • Choisissez toujours un homme savant et travailleur ;
  • Fondez-vous toujours sur le critère de l’aptitude
  • L’impôt, le produit des amendes et tous les revenus de l’Etat doivent être utilisés pour des actions d’intérêt général

Conformément à ces directives,  les militants du PUR utilisent comme identifiant symbolique le nom suivant construit sous forme d’acronyme : il s’agit de Militant Engagé pour sa Nation (M.E.N).

Par ailleurs, l’idéologie de l’Enracinité exclut le repli identitaire source d’incompréhensions et de tensions pouvant être fatales à l’humanité. D’ailleurs, dans un monde mondialisé, vouloir vivre en autarcie relève de l’impossible. Ainsi, le PUR adhère à la philosophie politique de la Démocratie inscrite dans la charte fondamentale du Sénégal. Celle-ci exige l’onction du peuple pour légitimer l’acquisition, l’exercice et la transmission de tout pouvoir politique. Elle exige également des dirigeants politiques de gouverner le peuple conformément à ses véritables aspirations car la souveraineté lui appartient. De ce fait, en rapport avec l’histoire et les réalités sociales de notre pays, le PUR estime que la laïcité inscrite dans la constitution sénégalaise est en décalage avec les idéaux du peuple. En réalité, la laïcité ne garantit pas les conditions d’un traitement équitable entre les communautés religieuses du pays. Elle est aux antipodes des exigences démocratiques. Un sage du pays disait d’ailleurs : « que le péché de la laïcité réside dans sa position de neutralité ». La démocratie suppose que le pays soit gouverné selon les orientations, les convictions, les choix, les besoins du plus grand nombre sans pour autant que les droits des minorités soient bafoués. C’est parce que notre école est laïque que plusieurs sénégalais refusent de subir le diktat du système éducatif français et développent parallèlement l’éducation traditionnelle des Daaras ou l’enseignement franco-arabe. Le risque étant d’avoir l’éternelle querelle entre arabisants et francisants et pire la présence de deux types de sénégalais avec tout ce que cela peut comporter comme conséquences dans un monde en panne de repères. Notre pays doit assumer son histoire surtout au plan éducatif. Ceci devrait se traduire par l’intégration complète et effective de  l’éducation et de l’enseignement des sages de l’Islam sénégalais dans nos curricula en vue de former un homo senegalensis imbu de ses valeurs parce que enracinés.

Dans le même ordre d’idées, le PUR considère que le Sénégal n’est pas socialiste. En  conséquence, on devrait envisager d’enlever dans notre constitution les qualificatifs socialiste et laïc enjoints à république démocratique. Pourquoi socialiste ? Parce que tout simplement le premier régime qui a dirigé le Sénégal est le PS ! Çà c’est partisan. Certainement,  le Président Wade ne s’en est pas rendu compte mais, il aurait pu mettre libéral à la place de socialiste et personne ne trouvait à redire. D’ailleurs, un autre président d’une autre idéologie pourrait demain être tenté de le faire s’il découvre la réalité qui se cache derrière le concept socialiste constitutionnalisé.

En définitive, l’Enracinité se veut une idéologie centrée sur les valeurs pures sénégalaises. Celles issues du système traditionnel (par exemple : le Jom, le Fula, le Fayda, le Kersa, le sutura, le mûn…etc.) ; du système islamique ( par exemple : la foi, la famille, l’autorité en matière de religion, l’éducation religieuse, la coexistence pacifique…etc.) et du système occidental ( par exemple : le goût de la recherche, le respect de l’heure, la solidarité structurelle, la planification, le respect de la vie humaine l’organisation et la méthode…etc.).

 

[1] BOISARD Marcel A, L’humanisme de l’Islam, Albin Michel, Paris, 1979, pp. 138-139

[2] Revue Sciences Humaines, Les grandes idées politiques : Etat des lieux, Hors-série No 21, Mai-Juin 2016, p.17

[3] MARKOVITZ cité MAGASSOUBA Moriba,  l’Islam au Sénégal, Demain les mollahs ? Editions Karthala, Paris, 1985, p. 166

[4] LY Boubakar, La morale de l’honneur dans les sociétés wolof et halpulaar traditionnelles : une approche des valeurs et de la personnalité culturelles sénégalaises, Tome 1, L’Harmattan, Paris, 2015, p. 81

 

Présidentielle 2019

Les Forces en présence

En 2012 le candidat Macky SALL avait promis de faire un mandat de cinq (05) ans au lieu de sept (07) ans comme le stipulait la charte fondamentale. Élu, le Président Macky SALL, gardien de la Constitution, réitère sa promesse électorale sur beaucoup de plateaux de télévision étrangères et par un engagement solennel dans son adresse à la Nation du 31 décembre 2012. Il gagne en estime, alors,  dans un contexte africain où  les présidents ont tendance à rallonger leurs mandats. Toutefois, et contre toute attente, au début de l’année 2016 en appelant les sénégalais à un référendum, le Président soumet son engagement à « l’Avis » ou à la « Décision » du Conseil Constitutionnel. Les « 5 sages » lui conseillent d’aller au terme de son mandat. Ce qu’il fera malgré la contestation faite par 45 professeurs de droit. Ainsi dans treize (13) mois – (Février 2019) – Macky SALL mettra en jeu son mandat.

Pour cette première échéance depuis son avènement, si beaucoup de ténors de la vie politique sénégalaise comme Moustapha NIASS, Ousmane Tanor DIENG, Amath DANSOKHO, Abdoulaye BATHILY, entre autres, ont une posture d’aveu d’abandon à la conquête du pouvoir et se rangent manifestement aux côtés de Macky SALL malgré la réticence des franges les plus jeunes de leurs appareils respectifs, il en demeure tout de même comme le veut la tradition démocratique que la présidence soit très courtisée.

Succéder à Macky est le rêve le plus partagé de nos acteurs politiques.

  • La coalition BBY autour de Macky SALL: depuis le deuxième tour de la Présidentielle 2012, Macky SALL tient BBY comme sa machine électorale. Une alliance faite autour des autres candidats contre le Président Wade au premier tour qui s’est effritée par moment pour voir Idrissa SECK, GADIO, Amsatou Sow SIDIBE, Ibrahima FALL partir dans  l’opposition et Mor DIENG et Djibril NGOM disparus de la scène politique. Cependant, il lui reste toujours les dirigeants de partis légendaires PS et AFP respectivement Tanor DIENG et Moustapha NIASS.

Certes il faut noter qu’avec le départ de Idrissa SECK, BBY a gardé Oumar Gueye qui depuis 2007 a toujours fait de bons scores dans sa bastion de Sangalkam tout comme Pape DIOUF dans une moindre mesure à Bambey où il a perdu toute fonction élective. Macky SALL a aussi capitalisé les transhumants du PDS de Awa Ndiaye à Sada NDIAYE en passant par Ousmane NGOM, Souleymane Ndéné NDIAYE, Innocence NTAP, Aminata LO, Moustapha DIOP etc.

Par contre, le fait de passer de 65% en 2012 à 49% lors des législatives dernières explique que BBY n’est plus cette foudre de guerre tant vantée. Avec de tels résultats, un schéma  de 2e tour est en train de se dessiner pour 2019.

Un inévitable deuxième Tour mais face à qui ?

  • La coalition autour de WADE: la constitution du Sénégal a interdit à WADE père de se représenter de  par son âge tout comme la Justice prive de son fils une candidature suite à son procès sur la « traque des Biens Mal Acquis »  malgré son investiture par le PDS. La coalition Wattu est arrivée deuxième lors des dernières joutes électorales. elle a réussi à avoir un consensus autour de WADE en dernière minute mais sans WADE ni Karim, le PDS pourra-t-il trouver un homme autour de qui  toutes les forces libérales seront cristallisées ?  Oumar SARR (SG Adjoint du Parti) et Madické NIANG président du groupe parlementaire restent les deux plus grands challengers. Certainement le choix de l’un ou l’autre finira par faire partir des militants ou provoquer des candidatures parallèles. Dans cette perspective, un allié comme Pape DIOP va surement faire cavalier seul. Et quid des personnalités comme Mamadou DIOP Decroix et Mamadou Lamine DIALLO Tekki ?
  • La coalition MTS: une coalition qui est née à la veille des élections de Juillet 2017 dirigée par Khalifa SALL placé sous mandat de dépôt sur l’affaire de la régie d’avance de la Ville de Dakar. Fort à Dakar où il est élu depuis 2009, Khalifa en un temps record, a gagné la sympathie de beaucoup de sénégalais. S’il réussit à se débarrasser de Dame Justice et s’investit dans une très stratégique coalition électorale, sans conteste il sera redoutable dans la quête au pouvoir.

Dans cette coalition MTS il y a aussi Idrissa SECK qui a su taire son orgueil lors des investitures et laisser la liste Nationale aux autres leaders et se ranger dans l’hypothétique liste majoritaire. Dans ce registre d’aucuns pensent que le leader de REWMI a sacrifié bon nombre de ses militants comme la non investiture de Thierno Bocoum ou encore celle de Samba BATHILY de Pikine qui sont d’ailleurs partis.

El Hadj Malick GAKOU, la mouvance jeune de son Parti l’a déjà investi et sa caution est presque bouclée. Serigne Mansour SY Djamil et Cheikh Bamba DIEYE peuvent soutenir le meilleur candidat de cette coalition dès le premier tour.

  • Le PUR: arrivé 4e comme force électorale lors des Législatives, PUR est sans conteste attendu à la Présidentielle.  La logique politique voudra qu’il ait comme aux Législatives un candidat pour contester la candidature du président sortant et créer toutes les conditions à l’amener au deuxième tour. Sachant les bonnes relations que ce Parti comme son Président entretienne avec Khalifa SALL il ne sera jamais une surprise de les voir cheminer en 2019. Dans ce cas de figure, une coalition entre ces deux forces serait redoutable.
  • Abdoulaye Baldé, Mamadou Diagne Fada ; Abdoul MBAYE, Aissata Tall SALL, Ousmane SONKO, Aida MBODJ comme durant les Législatives feront certainement cavaliers seuls pour conquérir le suffrage des sénégalais.
  • Certes, le Sénégal est une démocratie majeure, mais notre élite politique s’inspire trop souvent de la France. De ce fait, ne soyons pas surpris qu’un des acteurs politiques essayent de jouer le tour de Macron, d’ailleurs les mouvements politiques initiés par Thierno Alassane SALL et Thierno BOCOUM, Mame Adama GUEYE ont tout l’air.

Ce zoom de la situation politique du Sénégal montre nettement que nous irons droit vers des élections ouvertes en 2019. Naturellement le favori reste le Président sortant Macky SALL avec la coalition BBY mais qu’une bonne stratégie politique, une coalition avec les bons éléments et un discours qui aura révolutionné les populations pourraient être la clé d’opposition convaincante pour ce probable deuxième tour.